Arrêté du 3 août 2018 relatif aux installations de combustion d'une puissance thermique nominale totale supérieure ou égale à 50 MW soumises à autorisation au titre de la rubrique 3110

Date de signature :03/08/2018 Statut du texte :En vigueur
Date de publication :05/08/2018 Emetteur :Ministère de la Transition écologique
Consolidée le : Source :JO du 5 août 2018
Date d'entrée en vigueur :20/12/2018
Arrêté du 3 août 2018 relatif aux installations de combustion d’une puissance thermique nominale totale supérieure ou égale à 50 MW soumises à autorisation au titre de la rubrique 3110


NOR : TREP1726535A

Publics concernés : exploitants d’installations de combustion d’une puissance supérieure ou égale à 50 MW soumises à autorisation au titre de la rubrique 3110 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement.

Objet : installation de combustion, autorisation, chaudières, turbines, moteurs, valeur limite à l’émission, directive IED.

Entrée en vigueur : le présent arrêté entre en vigueur le 20 décembre 2018.

Notice : le présent arrêté reprend l’ensemble des dispositions applicables aux installations de combustion de plus de 50 MW soumises à autorisation au titre de la rubrique 3110 et notamment les dispositions de la directive IED chapitre III.

Références : le présent arrêté peut être consulté sur le site Légifrance (http://www.legifrance.gouv.fr).

Le ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire,
Arrête :

TITRE Ier 

DISPOSITIONS GÉNÉRALES 

CHAPITRE Ier 


DÉFINITIONS ET CONDITIONS D’APPLICATION 

Section 1

Définitions

Art. 1er. – Au sens du présent arrêté, on entend par : a) les produits composés d’une matière végétale agricole ou forestière susceptible d’être employée comme combustible en vue d’utiliser son contenu énergétique ;

b) les déchets ci-après :

i) déchets végétaux agricoles et forestiers ;
ii) déchets végétaux provenant du secteur industriel de la transformation alimentaire, si la chaleur produite estvalorisée ;
iii) déchets végétaux fibreux issus de la production de pâte vierge et de la production de papier à partir de pâte,
s’ils sont coincinérés sur le lieu de production et si la chaleur produite est valorisée ;
iv) déchets de liège ;
v) déchets de bois, à l’exception des déchets de bois qui sont susceptibles de contenir des composés organiques halogénés ou des métaux lourds à la suite d’un traitement avec des conservateurs du bois ou du placement d’un revêtement tels que les déchets de bois de ce type provenant de déchets de construction ou de démolition ; Lorsque plusieurs appareils de combustion qui composent l’installation sont dans l’impossibilité technique de fonctionner simultanément, la puissance de l’installation est la valeur maximale parmi les sommes de puissances des appareils pouvant être simultanément mises en œuvre.
Aux fins du calcul de la puissance thermique nominale totale au présent arrêté, on ne tient pas compte de la puissance thermique nominale des appareils listés au point III de l’article 3 qui n’entrent pas dans le champ d’application du présent arrêté ; Art. 2. – Les acronymes, formules chimiques et notations utilisées ont, dans le cadre du présent arrêté, la signification suivante :

Section 2

Champ et conditions d’application

Art. 3. – I. – Le présent arrêté s’applique aux installations de combustion d’une puissance thermique nominale totale supérieure ou égale à 50 MW, et qui reste supérieure ou égale à 50 MW lorsqu’on retranche les puissances des appareils de puissance inférieure à 15 MW.

II. – Le présent arrêté entre en vigueur le 20 décembre 2018.
III. – N’entrent pas dans le champ d’application du présent arrêté : IV. – Les dispositions du présent arrêté ne s’appliquent pas aux installations de combustion pour lesquels un arrêté préfectoral a été pris au titre de l’article 17 de l’arrêté du 26 août 2013 aux installations de combustion d’une puissance thermique nominale totale supérieure ou égale à 20 MW soumises à autorisation au titre de la rubrique 2910 et de la rubrique 2931. Les dispositions de l’arrêté préfectoral restent applicables à ces installations. Ces installations sont mises à l’arrêt dès lors qu’elles ont atteint 17 500 heures d’exploitation calculées à partir du 1er janvier 2016, et en tout état de cause au plus tard le 31 décembre 2023. Au-delà de 17 500 heures d’exploitation ou après le 31 décembre 2023, l’exploitation de ces installations est possible sous réserve d’obtenir une nouvelle autorisation du préfet qui nécessite le dépôt d’une nouvelle demande prévue à l’article R. 181-46 du code de l’environnement. L’installation est alors considérée comme une installation nouvelle et elle est soumise aux dispositions du présent arrêté en fonction de la date de cette dernière autorisation.

V. – L’ensemble des dispositions du présent arrêté dépendant de la puissance de l’installation de combustion s’appliquent à l’ensemble de l’installation de combustion en fonction de sa puissance thermique nominale totale, y compris aux appareils d’une puissance thermique nominale inférieure à 15 MW.

V. – L’exploitant énumère les types de combustibles utilisés et leurs quantités dans son installation et précise pour chacun leur nature.

Pour les combustibles visés par la rubrique 2910-B, les combustibles utilisés présentent une qualité constante dans le temps et répondent à tout moment aux critères suivants fixés par l’exploitant : A cette fin, l’exploitant met en place un programme de suivi qualitatif et quantitatif des combustibles utilisés. Sur la base des éléments fournis par l’exploitant et notamment de résultats de mesures, l’arrêté préfectoral d’autorisation précise la nature des combustibles autorisés, les teneurs maximales en composés autorisées dans chaque combustible ainsi que le programme de suivi.

Art. 4. – I. – Lors de l’extension d’une installation de combustion, les valeurs limites d’émission fixées au I des articles 10, 11 et 12 du présent arrêté s’appliquent à la partie aggrandie et sont déterminées en fonction de la puissance thermique nominale totale de l’ensemble de l’installation de combustion lorsque l’extension a conduit au dépôt d’une nouvelle demande d’autorisation en application de l’article R. 181-46 du code de l’environnement.
II. – Lors de la modification d’une installation de combustion ayant conduit au dépôt d’une nouvelle demande d’autorisation en application de l’article R. 181-46 du code de l’environnement, les valeurs limites d’émission fixées au I des articles 10, 11 et 12 du présent arrêté, s’appliquent à la partie de l’installation qui a été modifiée par rapport à la puissance thermique nominale totale de l’ensemble de l’installation de combustion.

Art. 5. – I. – Le présent arrêté fixe les prescriptions minimales applicables aux installations visées, en vue de prévenir et limiter les pollutions, déchets, nuisances et risques liés à leur exploitation.
II. – L’arrêté préfectoral d’autorisation peut fixer toutes dispositions plus contraignantes que celles du présent arrêté afin de protéger les intérêts mentionnés à l’article L. 511-1 du code de l’environnement, notamment en se basant sur les performances des meilleures techniques disponibles, les performances de l’installation et les contraintes liées à l’environnement local, notamment définies dans les plans de protection de l’atmosphère.
En tout état de cause, les valeurs limites fixées dans l’arrêté préfectoral ne dépassent pas les valeurs fixées dans le présent arrêté et sont établies sans préjudice de l’article L. 515-28 du code de l’environnement le cas échéant.

CHAPITRE II

BILAN ANNUEL ET PRÉLÈVEMENTS

Art. 6. – L’installation est soumise aux dispositions de l’arrêté du 31 janvier 2008 susvisé.
L’exploitant transmet également à l’inspection des installations classées, avant le 30 avril de l’année suivante, un bilan annuel de la surveillance et des opérations imposées par les dispositions de la section 1 du chapitre 6 du titre II et par les articles 31, 37, 48, 49, 51, 58 et 65 du présent arrêté.

Art. 7. – Le Préfet peut, à tout moment, faire réaliser des prélèvements d’effluents liquides ou gazeux, de déchets ou de sol, des prélèvements et analyses des combustibles et faire réaliser des mesures de niveaux sonores pour vérifier le respect des prescriptions du présent arrêté. Les frais de prélèvement et d’analyses sont à la charge de l’exploitant.

TITRE II

PRÉVENTION DE LA POLLUTION ATMOSPHÉRIQUE 

CHAPITRE Ier


CONDITIONS D’APPLICATION

Art. 8. – I.a) Les valeurs limites d’émissions fixées au chapitre II du présent titre, à l’exception des valeurs limites en SO2, ne s’appliquent pas aux appareils visés au a de la définition des appareils destinés aux situations d’urgence et fonctionnant moins de 500 heures d’exploitation par an.

Pour tous les appareils destinés aux situations d’urgence, lorsqu’ils fonctionnent moins de 500 heures d’exploitation par an, un relevé des heures d’exploitation utilisées est établi par l’exploitant.

I.b) Les valeurs limites d’émissions fixées à l’article 10 du présent arrêté ne s’appliquent pas aux chaudières de récupération au sein d’installations de production de pâte à papier.

II. – Les valeurs limites d’émission fixées au chapitre II du présent titre s’appliquent aux émissions de chaque cheminée commune en fonction de la puissance thermique nominale totale de l’ensemble de l’installation de combustion, sans préjudice des dispositions des articles 18 et 19.
III. – Pour chaque polluant considéré au chapitre II du présent titre, et même lorsque les valeurs limites ne s’appliquent pas conformément aux alinéas précédents, l’arrêté préfectoral fixe un flux massique horaire, journalier, mensuel ou annuel. Ce flux maximum prend notamment en compte la durée de fonctionnement de l’installation. Les émissions canalisées et les émissions diffuses sont prises en compte pour la détermination des flux. Les émissions des périodes autres que les périodes normales de fonctionnement (démarrage et arrêts, pannes des systèmes de traitement des fumées…) sont prises en compte dans les flux annuels.

Art. 9. – Le volume des effluents gazeux est exprimé en mètres cubes normaux (Nm³), rapportés à des conditions normalisées de température (273,15 K) et de pression (101,325 kPa) après déduction de la vapeur d’eau (gaz secs).
Les concentrations en polluants sont exprimées en milligrammes par mètre cube (mg/Nm³) sur gaz sec.
Le débit des effluents gazeux ainsi que les concentrations en polluants sont rapportés à une teneur en oxygène dans les effluents en volume de 6 % dans le cas des combustibles solides, de 3 % dans le cas des combustibles liquides et gazeux utilisés dans des installations de combustion autres que les turbines et les moteurs, et de 15 % dans le cas des turbines et des moteurs.

CHAPITRE II

VALEURS LIMITES

Art. 10. – I. – Les installations de combustion, à l’exception des turbines et des moteurs, autorisées à compter du 1er novembre 2010 respectent les valeurs limites d’émission suivantes sous réserve des renvois entre parenthèses :

 



II. – Les installations de combustion d’une puissance supérieure ou égale à 20 MWth alimentées par du gaz issu de la fabrication du noir de carbone respectent les valeurs limites d’émission suivantes lorsqu’elles ne sont pas exploitées comme installation de combustion autonome :







III. – Les installations de combustion d’une puissance supérieure ou égale à 20 MWth alimentées par du gaz issu de la fabrication du noir de carbone respectent les valeurs limites d’émission suivantes lorsqu’elles ne sont pas exploitées comme installation de combustion autonome :



Art. 11. – I. – Les turbines autorisées à compter du 1er janvier 2014 respectent les valeurs limites d’émission suivantes sous réserve des renvois entre parenthèses :





II. – Les turbines qui ne relèvent pas du I du présent article respectent les valeurs limites d’émission suivantes sous réserve des renvois entre parenthèses :





III. – Les valeurs limites définies au présent article s’appliquent aux turbines fonctionnant à une charge supérieure à 70 %. Toutefois, si le fonctionnement normal d’une turbine comporte un ou plusieurs régimes stabilisés à moins de 70 % de sa puissance ou un régime variable, les valeurs limites définies au présent article s’appliquent à ces différents régimes de fonctionnement.

Art. 12. – I. – Les moteurs dont l’autorisation initiale a été accordée après le 1er janvier 2014, à l’exception de ceux qui ont fait l’objet d’une demande complète d’autorisation avant cette date pour autant que l’installation ait été mise en service au plus tard le 7 janvier 2014, respectent les valeurs limites d’émission suivantes sous réserve des renvois entre parenthèses :





II. – Les moteurs qui ne relèvent pas du I du présent article respectent les valeurs limites d’émission suivantes sous réserve des renvois entre parenthèses :



Art. 13. – I. – En cas de dispositif de traitement des oxydes d’azote à l’ammoniac ou ses précurseurs : II. – Pour les chaudières autorisées à compter du 1er novembre 2010, la valeur limite pour les HAP est 0,01 mg/Nm3.

Pour les autres installations, la valeur limite pour les HAP est de 0,1 mg/Nm3.

III. – Pour les chaudières autorisées à compter du 1er novembre 2010, la valeur limite pour les COVNM est 50 mg/Nm3 en carbone total.

Pour les autres chaudières, la valeur limite pour les COVNM est de 110 mg/Nm3 en carbone total. Pour les moteurs, la valeur limite en formaldéhyde est de 15 mg/Nm3.

IV. – Pour les chaudières autorisées à compter du 1er novembre 2010 utilisant un combustible solide, les valeurs limites d’émission en HCl et HF sont les suivantes : Ces valeurs peuvent être adaptées par le préfet sur la base d’éléments technico-économiques fournis par l’exploitant montrant l’impossibilité d’atteindre ces valeurs en raison du combustible ou de la technologie de
combustion utilisés, des performances des meilleures techniques disponibles et des contraintes liées à l’environnement local afin de garantir la protection des intérêts mentionnés à l’article L.511-1 du code de l’environnement. Les valeurs déterminées par le préfet ne dépassent en aucun cas 30 mg/Nm3 en HCl et 25 mg/Nm3 en HF.

V. – Pour les installations utilisant un combustible solide, la valeur limite d’émission en dioxines et furanes est de 0,1 ng I-TEQ/Nm3.

VI. – Les valeurs limites d’émission pour les métaux sont les suivantes sous réserve des renvois entre parenthèses :

CHAPITRE III

CONDITIONS SPÉCIFIQUES DE FONCTIONNEMENT

Art. 14. –
L’arrêté préfectoral d’autorisation détermine les périodes de démarrage et d’arrêt en fonction des critères fixés par la décision d’exécution de la Commission n°2012/249/UE susvisée.


Art. 15. – L’exploitant peut, pour une période limitée à six mois, demander au préfet une dérogation aux valeurs limites d’émission relatives au SO2 prévues au chapitre II du présent titre s’il utilise, en fonctionnement normal, un combustible à faible teneur en soufre pour respecter ces valeurs limites d’émission et si une interruption soudaine et imprévue de son approvisionnement liée à une pénurie grave se produit.
L’exploitant peut, pour une période limitée à dix jours, ne pas respecter les valeurs limites d’émission en SO2, NOX et poussières prévues au chapitre II du présent titre dans le cas où l’installation de combustion qui n’utilise que du combustible gazeux doit exceptionnellement avoir recours à d’autres combustibles en raison d’une interruption soudaine de l’approvisionnement en gaz et devrait de ce fait être équipée d’un dispositif d’épuration des gaz résiduaires. Il en informe immédiatement le préfet.
Cette période de dix jours peut être prolongée après accord du préfet s’il existe une impérieuse nécessité de maintenir l’approvisionnement énergétique.

Art. 16. – Lorsqu’un dispositif de réduction des émissions est nécessaire pour respecter les valeurs limites d’émissions fixées au chapitre II du présent titre, l’exploitant rédige une procédure d’exploitation relative à la conduite à tenir en cas de panne ou de dysfonctionnement de ce dispositif. Cette procédure est tenue à la disposition de l’inspection des installations classées.
Cette procédure indique notamment la nécessité : La durée cumulée de fonctionnement d’une installation avec un dysfonctionnement ou une panne d’un de ces dispositifs de réduction des émissions ne peut excéder 120 heures sur douze mois glissants.
L’exploitant peut toutefois présenter au préfet une demande de dépassement des durées de 24 heures et 120 heures précitées, dans les cas suivants : CHAPITRE IV

DISPOSITIONS DÉROGATOIRES APPLICABLES À CERTAINES INSTALLATIONS

Art. 17. – I. – Les dispositions du présent article s’appliquent aux installations existantes au 6 janvier 2011 et situées en ZNI.

II. –Les valeurs limites d’émission visées au chapitre II du présent titre s’appliquent aux installations visées au I du présent article à compter du 1er janvier 2020. Jusqu’au 31 décembre 2019, les valeurs limites d’émission fixées dans les arrêtés préfectoraux de ces installations de combustion au 31 décembre 2015, conformément notamment aux exigences des arrêtés du 23 juillet 2010, du 31 octobre 2007, du 30 juillet 2003, du 20 juin 2002 et du 11 août 1999 susvisés et des directives 2001/80/CE et 2008/1/CE, sont au moins maintenues.Les installations de combustion d’une puissance thermique nominale totale supérieure ou égale à 500 MW utilisant des combustibles solides, autorisées à compter du 1er juillet 1987, respectent les valeurs limites d’émission pour les oxydes d’azote fixées au I des articles 10, 11 et 12 du présent arrêté.
III. – Si un exploitant s’est engagé dans une déclaration écrite avant le 1er janvier 2014 à ne pas exploiter son installation de combustion plus de 18 000 heures d’exploitation entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2023, que l’installation de combustion est visée au I du présent article, qu’elle représente au moins 35 % de l’approvisionnement électrique de la ZNI concernée au 6 janvier 2011 et qu’elle n’est pas en mesure, en raison de ses caractéristiques techniques, de respecter les valeurs limites d’émission visées au chapitre II du présent titre, l’installation est mise à l’arrêt dès lors qu’elle a atteint 18 000 heures d’exploitation entre le 1er janvier 2020 et le 31 décembre 2023, et en tout état de cause au plus tard le 31 décembre 2023. Au-delà de 18 000 heures d’exploitation ou après le 31 décembre 2023, l’exploitation de l’installation est possible sous réserve d’obtenir une nouvelle autorisation du préfet qui nécessite le dépôt d’une nouvelle demande prévue à l’article R.181-46 du code de l’environnement. L’installation est alors considérée comme une installation nouvelle et elle est soumise aux dispositions du présent arrêté en fonction de la date de cette dernière autorisation.

Art. 18. – Dans le cas d’une installation de combustion à foyer mixte impliquant l’utilisation simultanée de deux combustibles ou plus, la valeur limite d’émission de l’installation est déterminée conformément à l’article 40.1 de la directive 2010/75/UE susvisée.

Art. 19. – Dans le cas d’une installation de combustion à foyer mixte, autorisée avant le 31 juillet 2002 ou qui a fait l’objet d’une demande d’autorisation avant cette date pour autant que l’installation ait été mise en service au plus tard le 27 novembre 2003, et qui utilise les résidus de distillation et de conversion du raffinage du pétrole brut, seuls ou avec d’autres combustibles, pour sa consommation propre, la valeur limite d’émission de l’installation est déterminée conformément aux dispositions de l’article 40.2 de la directive 2010/75/UE susvisée.
Les arrêtés préfectoraux peuvent, à la demande de l’exploitant, prévoir pour le SO2, au lieu des dispositions qui précèdent, une valeur limite moyenne d’émission unique pour toutes les installations visées au précédent alinéa à l’exception des turbines à gaz et des moteurs à gaz, à condition que cela n’ait pas pour conséquence d’autoriser une augmentation des émissions polluantes des autres installations de la raffinerie. Cette valeur limite ne dépasse pas 1 000 mg/Nm3.

Art. 20. – Les appareils destinés aux situations d’urgence peuvent fonctionner sur demande expresse du gestionnaire de réseau public de transport pour des raisons liées à la sécurité du système électrique.

CHAPITRE V

CONDITIONS DE REJET À L’ATMOSPHÈRE

Art. 21. – I. – Les points de rejet sont en nombre aussi réduit que possible. Les ouvrages de rejet permettent une bonne diffusion des effluents dans le milieu récepteur.
Le rejet des gaz résiduaires des installations de combustion est effectué d’une manière contrôlée, par l’intermédiaire d’une cheminée, contenant une ou plusieurs conduites, après traitement éventuel.
La forme des conduits, notamment dans leur partie la plus proche du débouché à l’atmosphère, est conçue de façon à favoriser au maximum l’ascension des gaz dans l’atmosphère. La partie terminale de la cheminée peut comporter un convergent réalisé suivant les règles de l’art lorsque la vitesse d’éjection est plus élevée que la vitesse choisie pour les gaz dans la cheminée. L’emplacement de ces conduits est tel qu’il ne peut y avoir à aucun moment siphonnage des effluents rejetés dans les conduits ou prises d’air avoisinants. Les contours des conduits ne présentent pas de point anguleux et la variation de la section des conduits au voisinage du débouché est continue et lente.
II. – L’exploitant aménage les conduits d’évacuation des effluents atmosphériques (plate-forme de mesure, orifices, fluides de fonctionnement, emplacement des appareils, longueur droite pour la mesure des poussières…) de manière à permettre des mesures représentatives des émissions de polluants dans l’atmosphère. En particulier, les dispositions mentionnées dans l’arrêté du 7 juillet 2009 susvisé sont respectées.La mesure de la teneur en oxygène des gaz de combustion est réalisée autant que possible au même endroit que la mesure de la teneur en polluants. A défaut, l’exploitant prend toutes les dispositions nécessaires pour éviter l’arrivée d’air parasite entre le point où est réalisée la mesure de l’oxygène et celui où est réalisée celle des polluants.
Les points de mesure et les points de prélèvement d’échantillon sont équipés des appareils nécessaires pour effectuer les mesures prévues à la section I du chapitre VI du présent titre dans ses conditions représentatives.
III. – La vitesse d’éjection des gaz en marche nominale est au moins égale à 8 m/s si le débit d’émission de la cheminée considérée dépasse 5 000 m³/h, 5 m/s si ce débit est inférieur ou égal à 5 000 m³/h.

Art. 22. – I. – Les dispositions du présent article s’appliquent uniquement aux constructions de cheminée réalisées après l’entrée en vigueur du présent arrêté. Pour les cheminées existantes avant l’entrée en vigueur du présent arrêté, les dispositions définies dans l’arrêté d’autorisation de l’installation s’appliquent.
La hauteur de la cheminée (différence entre l’altitude du débouché à l’air libre et l’altitude moyenne du sol à l’endroit considéré) exprimée en mètres est déterminée, d’une part, en fonction du niveau des émissions de polluants à l’atmosphère, d’autre part, en fonction de l’existence d’obstacles susceptibles de gêner la dispersion des gaz. Elle est fixée par l’arrêté d’autorisation conformément au présent article.
II. – La hauteur de la cheminée, qui ne peut être inférieure à 10 mètres, peut être déterminée par une étude des conditions de dispersion des fumées adaptée au site, réalisée conformément au III du présent article.
III. – Cette étude est obligatoire pour les rejets qui dépassent l’une des valeurs suivantes : Elle est également obligatoire dans les vallées encaissées ainsi que lorsqu’il y a un ou des obstacles de hauteur supérieure à 28 mètres à proximité de l’installation.
En l’absence d’étude des conditions de dispersion des fumées, la hauteur de cheminée est fixée par les points IV à VII du présent article.
IV. – On calcule d’abord la quantité s = k × q/cm pour chacun des principaux polluants où :
En l’absence de mesures de la pollution, co peut être prise forfaitairement de la manière suivante : 



Pour les autres polluants, en l’absence de mesure, co peut être négligée.
On détermine ensuite S, qui est égal à la plus grande des valeurs de s calculées pour chacun des principaux polluants.
V. – La hauteur de la cheminée, exprimée en mètres, est au moins égale à la valeur hp ainsi calculée :
hp = S1/2(R.DT)-1/6, où : VI. – Si une installation est équipée de plusieurs cheminées ou s’il existe dans son voisinage d’autres rejets des mêmes polluants à l’atmosphère, le calcul de la hauteur de la cheminée considérée est effectué comme suit :
Deux cheminées i et j, de hauteurs respectives hi et hj, calculées conformément au V du présent article, sont considérées comme dépendantes si les trois conditions suivantes sont simultanément remplies : On détermine ainsi l’ensemble des cheminées dépendantes de la cheminée considérée. La hauteur de cette cheminée est au moins égale à la valeur de hp, calculée pour la somme des débits massiques du polluant considéré et la somme des débits volumiques des gaz émis par l’ensemble de ces cheminées.
VII. – S’il y a dans le voisinage des obstacles naturels ou artificiels de nature à perturber la dispersion des gaz, la hauteur de la cheminée est corrigée comme suit :
CHAPITRE VI

SURVEILLANCE DES REJETS ATMOSPHÉRIQUES ET DE L’IMPACT SUR L’ENVIRONNEMENT

Section 1

Programme de surveillance des rejets atmosphériques

Art. 23. – I. – L’exploitant met en place un programme de surveillance des émissions des polluants visés au chapitre II du présent titre rejetés par son installation. Le programme de surveillance comprend notamment les dispositions prévues par la présente section.
Pour les polluants concernés, une première mesure est effectuée dans les quatre mois suivant la mise en service de l’installation puis périodiquement conformément aux dispositions prévues ci-dessus. Tous les résultats de la surveillance sont enregistrés.
En fonction des caractéristiques de l’installation ou de la sensibilité de l’environnement, d’autres polluants peuvent être visés ou des seuils inférieurs peuvent être définis par l’arrêté préfectoral. Lorsque l’installation est modifiée, et en particulier lors d’un changement de combustible, les dispositions en matière de surveillance fixées dans l’arrêté préfectoral sont adaptées si nécessaire.
II. – Lorsqu’une partie d’une installation de combustion qui rejette ses gaz résiduaires par une ou plusieurs conduites séparées au sein d’une cheminée commune et qui fonctionne un nombre limité d’heures d’exploitation est soumise à une valeur limite spécifique conformément aux articles 10, 11 et 12, les émissions rejetées par chacune desdites conduites font l’objet d’une surveillance séparée.
III. – Les mesures sont effectuées sous la responsabilité de l’exploitant et à ses frais.

Art. 24. – I. – La concentration en SO2 dans les gaz résiduaires est mesurée en continu.
II. – Cependant, la mesure en continu n’est pas obligatoire dans les cas suivants : Dans ces cas Au lieu de la mesure semestrielle prévue au présent alinéa, d’autres procédures peuvent, après accord du préfet, être utilisées pour déterminer les émissions de SO2. Ces procédures garantissent l’obtention de données de qualité scientifique équivalente.

Art. 25. – I. – La concentration en NOX dans les gaz résiduaires est mesurée en continu.
II. – Cependant, la mesure en continu n’est pas obligatoire dans les cas suivants : Dans ces cas Au lieu des mesures périodiques prévues au présent alinéa, d’autres procédures peuvent, après accord du préfet, être utilisées pour déterminer les émissions de NOX. Ces procédures garantissent l’obtention de données de qualité scientifique équivalente.

Art. 26. – I. – La concentration en poussières dans les gaz résiduaires est mesurée en continu.
II. – Cependant, la mesure en continu n’est pas obligatoire dans les cas suivants : Dans ces cas : Art. 27. – I. – La concentration en CO dans les gaz résiduaires est mesurée en continu.
II. – Cependant, la mesure en continu n’est pas obligatoire dans les cas suivants : Dans ces cas : Art. 28. – Les concentrations en COVNM, formaldéhyde, HAP et métaux dans les gaz résiduaires sont mesurées une fois par an.
Cependant, pour les installations d’une puissance supérieure ou égale à 100 MW autorisées après le 31 juillet 2002, à l’exception de celles qui ont fait l’objet d’une demande d’autorisation avant le 31 juillet 2001 pour autant qu’elles aient été mises en service au plus tard le 27 novembre 2003, la fréquence est trimestrielle. La mesure trimestrielle devient annuelle si les résultats obtenus après un an de surveillance dans des conditions de fonctionnement similaires sont peu dispersés.
Les exigences relatives à la fréquence de surveillance des émissions de COVNM, de formaldéhyde, de HAP et des métaux ne s’appliquent pas lorsque le combustible consommé est exclusivement du gaz naturel, du biométhane, du GPL ou de l’hydrogène, sauf dispositions contraires de l’arrêté préfectoral.

Art. 29. – I. – Pour les chaudières utilisant un combustible solide, les concentrations en dioxines et furanes, en HCl et en HF dans les gaz résiduaires sont mesurées une fois par an. Cette fréquence peut être adaptée par arrêté préfectoral en fonction des résultats de mesures.
II. – Lorsque l’installation est équipée d’un dispositif de traitement des oxydes d’azote à l’ammoniac ou à l’urée, la concentration en NH3 dans les gaz résiduaires est mesurée semestriellement.
II. – L’arrêté préfectoral peut prévoir la réalisation de mesures de CH4, N2O et PM10 pour valider les déclarations de ces émissions par l’exploitant exigées par l’arrêté du 31 janvier 2008 susvisé.

Art. 30. – La teneur en oxygène, la température, la pression et la teneur en vapeur d’eau des gaz résiduaires sont mesurées en continu.
La mesure en continu n’est pas exigée : Section 2

Conditions de surveillance des rejets atmosphériques

Art. 31. – I. – Les appareils de mesure en continu sont exploités selon les normes NF EN ISO 14956 (version de décembre 2002 ou versions ultérieures), NF EN 14181 (version d’octobre 2014 ou versions ultérieures) et FD X 43-132 (version 2017 ou ultérieure), réputées garantir le respect des exigences réglementaires définies dans le présent arrêté. Ils appliquent en particulier les procédures d’assurance qualité (QAL1, QAL 2 et QAL3) et une vérification annuelle (AST).
Les appareils de mesure sont évalués selon la procédure QAL 1 et choisis pour leur aptitude au mesurage dans les étendues et incertitudes fixées. Ils sont étalonnés en place selon la procédure QAL 2 et l’absence de dérive est contrôlée par les procédures QAL 3 et AST.
Pour les appareils déjà installés sur site, pour lesquels une évaluation n’a pas encore été faite ou pour lesquels la mesure de composants n’a pas encore été évaluée, l’incertitude sur les valeurs mesurées peut être considérée transitoirement comme satisfaisante si les étapes QAL 2 et QAL 3 conduisent à des résultats satisfaisants.
II. – L’exploitant fait effectuer, au moins une fois par an, les mesures prévues à la section 1 du chapitre VI du présent titre par un organisme agréé par le ministre chargé des installations classées, ou, s’il n’en existe pas, accrédité par le Comité français d’accréditation (COFRAC) ou par un organisme signataire de l’accord multilatéral pris dans le cadre de la Coordination européenne des organismes d’accréditation (European Cooperation for Accreditation ou EA). Ce contrôle périodique réglementaire des émissions peut être fait en même temps que le test annuel de surveillance des appareils de mesure en continu.

Art. 32. – I. – Les mesures périodiques des émissions de polluants s’effectuent selon les dispositions fixées par l’arrêté du 11 mars 2010 susvisé.
Les méthodes de mesure, prélèvement et analyse de référence en vigueur sont fixées par l’arrêté du 7 juillet 2009 susvisé. Toutefois, l’arrêté d’autorisation peut prévoir d’autres méthodes lorsque les résultats obtenus sont équivalents à ceux fournis par les méthodes de référence. Dans ce cas, des mesures de contrôle et d’étalonnage sont réalisées périodiquement, à une fréquence fixée par l’arrêté préfectoral, par un organisme extérieur compétent.
II. – Les résultats des mesures prévues à la section 1 du chapitre VI et aux articles 7 et 31 du présent arrêté sont transmis trimestriellement à l’inspection des installations classées, accompagnés de commentaires sur les causes des dépassements constatés ainsi que les actions correctives mises en œuvre ou envisagées. Le préfet peut adapter la fréquence de transmission du bilan en fonction de la fréquence des mesures imposées. Le format du bilan des mesures peut être précisé par l’arrêté préfectoral.

Art. 33. – Les valeurs des intervalles de confiance à 95 % d’un seul résultat mesuré ne dépassent pas les pourcentages suivants des valeurs limites d’émission : Section 3

Conditions de respect des valeurs limites

Art. 34. – Dans le cas de mesures en continu, les valeurs limites d’émission fixées au chapitre II du présent titre sont considérées comme respectées si l’évaluation des résultats de mesure fait apparaître que, pour les heures d’exploitation au cours d’une année civile, toutes les conditions suivantes ont été respectées : Les valeurs moyennes validées sont déterminées conformément à l’article 35 du présent arrêté.
Aux fins du calcul des valeurs moyennes d’émission, il n’est pas tenu compte des valeurs mesurées durant les périodes visées aux articles 15 et 16 du présent arrêté, ni des valeurs mesurées durant les phases de démarrage et d’arrêt déterminées conformément à l’article 14 du présent arrêté.
Pour les moteurs, les valeurs mesurées durant les périodes correspondant aux opérations d’essais, de réglage ou d’entretien après réparation peuvent également être exclues après accord du préfet sur la base d’éléments technico- économiques fournis par l’exploitant, des performances des meilleures techniques disponibles et des contraintes liées à l’environnement local afin de garantir la protection des intérêts mentionnés à l’article L.511-1 du code de l’environnement. L’arrêté préfectoral fixe des valeurs limites d’émissions adaptées, en concentration et en flux, ainsi que la durée maximale de ces périodes qui, cumulée avec la durée de l’ensemble des périodes d’exclusion visées à l’alinéa précédent, ne peut dépasser 5 % de la durée totale de fonctionnement des installations. La durée des périodes d’exclusion visées à l’alinéa précédent peut dépasser 5 % sans excéder 10 % pour les installations situées dans les zones non-interconnectées. Dans ce cas, l’exploitant devra disposer au plus tard le 1er juillet 2019 d’un plan de gestion des périodes autres que les périodes normales de fonctionnement.
Toutefois, les émissions de polluants durant ces périodes sont estimées et rapportées dans les mêmes conditions que le bilan des mesures prévu à l’article 6 du présent arrêté.

Art. 35. – Les valeurs moyennes horaires validées sont déterminées à partir des valeurs moyennes horaires, après soustraction de la valeur de l’intervalle de confiance à 95 % indiquée à l’article 33.
Les valeurs moyennes journalières validées et les valeurs moyennes mensuelles validées s’obtiennent en faisant la moyenne des valeurs moyennes horaires validées.
Il n’est pas tenu compte de la valeur moyenne journalière lorsque trois valeurs moyennes horaires ont dû être invalidées en raison de pannes ou d’opérations d’entretien de l’appareil de mesure en continu. Le nombre de jours écartés pour des raisons de ce type est inférieur à 10 par an. L’exploitant prend toutes les mesures nécessaires à cet effet.
Dans l’hypothèse où le nombre de jours écartés dépasse 30 par an, le respect des valeurs limites d’émission est apprécié en appliquant les dispositions de l’article 36.

Art. 36. – Dans les cas où des mesures en continu ne sont pas exigées, les valeurs limites d’émission fixées au chapitre II du présent titre sont considérées comme respectées si les résultats de chacune des séries de mesures ou des autres procédures, définis et déterminés conformément à l’arrêté d’autorisation, ne dépassent pas les valeurs limites d’émission.

Section 4

Surveillance dans l’environnement

Art. 37. – Une surveillance de la qualité de l’air ou des retombées de polluants au voisinage de l’installation peut être imposée par l’arrêté préfectoral pour chacun des polluants mentionnés au chapitre II du présent titre, en fonction de l’impact potentiel des émissions sur l’environnement et la santé publique.
Cette surveillance est obligatoire pour les établissements dont les rejets dans l’atmosphère dépassent au moins l’un des flux suivants :
200 kg/h de SO2 ;
200 kg/h de NOX ;
150 kg/h de composés organiques ;
50 kg/h de poussières ;
50 kg/h de composés inorganiques gazeux du chlore ;
50 kg/h d’acide chlorhydrique ;
25 kg/h de fluor et composés fluorés ;
10 g/h de cadmium et de mercure et leurs composés (exprimés en Cd + Hg) ;
50 g/h d’arsenic, sélénium et tellure et leurs composés (exprimés en As + Se + Te) ;
500 g/h (dans le cas d’installations de combustion consommant du fuel lourd, cette valeur est portée à 2 kg/h) d’antimoine, chrome, cobalt, cuivre, étain, manganèse, nickel, plomb, vanadium et zinc, et leurs composés
(exprimés en Sb + Cr + Co + Cu + Sn + Mn + Ni + Pb + V + Zn) ; ou 100 g/h de plomb et ses composés (exprimés en Pb).
Le programme de surveillance est mis en œuvre sous la responsabilité de l’exploitant et à ses frais.
L’arrêté préfectoral fixe les modalités de cette surveillance, en particulier le nombre et la localisation des points de mesure ainsi que les conditions de prélèvement et d’analyse.
Les mesures sont réalisées en des lieux où l’impact de l’installation est supposé être le plus important. Les émissions diffuses sont prises en compte.
Cette surveillance est mise en place dans les six mois suivant la mise en service de l’installation. Les exploitants qui participent à un réseau de mesure de la qualité de l’air qui comporte des mesures du polluant concerné peuvent être dispensés de cette obligation si le réseau existant permet de surveiller correctement les effets de leurs rejets. Dans tous les cas, la vitesse et la direction du vent sont mesurées et enregistrées en continu sur l’installation classée autorisée ou dans son environnement proche.

TITRE III

UTILISATION RATIONNELLE DE L’ÉNERGIE ET LUTTE CONTRE LES GAZ À EFFET DE SERRE


Art. 38. – L’exploitant limite ses rejets de gaz à effet de serre et sa consommation d’énergie. Il tient à la disposition de l’inspection des installations classées les éléments sur l’optimisation de l’efficacité énergétique (rendements, rejets spécifiques de CO2).
Lors du réexamen périodique prévu à l’article L.515-28 du code de l’environnement, l’exploitant fait réaliser par une personne compétente un examen de son installation et de son mode d’exploitation visant à identifier les mesures qui peuvent être mises en œuvre afin d’en améliorer l’efficacité énergétique, en se basant sur les meilleures techniques disponibles relatives à l’utilisation rationnelle de l’énergie. Le rapport établi à la suite de cet examen est transmis à l’inspection des installations classées, accompagné des suites que l’exploitant prévoit de lui donner.

Art. 39. – Le préfet peut fixer des prescriptions relatives à l’efficacité énergétique sur la base des conclusions établies dans le rapport prévu à l’article 38 et dans l’analyse coûts-avantages relative à la valorisation de la chaleur fatale demandée aux installations de plus de 20 MW dans le dossier d’autorisation.

Art. 40. – Toute installation ou partie d’installation d’une puissance supérieure ou égale à 600 MW et les installations de combustion d’une puissance électrique nominale égale ou supérieure à 300 MW dispose de suffisamment d’espace sur le site de l’installation pour permettre la mise en place des équipements nécessaires au captage et à la compression du CO2.
Une évaluation de la disponibilité de sites de stockage géologique du CO2 appropriés, de la faisabilité technique et économique de réseaux de transport et de la faisabilité technique et économique d’une adaptation en vue du captage du CO2 est réalisée par l’exploitant dans le cadre de la demande d’autorisation.
Pour les installations du secteur de la production électrique utilisant du charbon comme combustible, l’autorisation est délivrée sous réserve que l’installation soit conçue pour pouvoir être équipée d’un dispositif de captage et stockage géologique du CO2 et qu’elle soit accompagnée d’un programme complet de démonstration de captage, transport et stockage géologique du dioxyde de carbone. Ce programme vise le stockage pérenne d’au moins 85 % du CO2 produit par l’installation, dans des conditions satisfaisantes pour la protection de l’environnement et la sécurité des personnes.
Les dispositions du présent article s’appliquent aux installations dont l’autorisation initiale a été délivrée après le 26 juin 2009.

Art. 41. – Les prescriptions du présent article sont applicables aux installations soumises au système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre.
L’exploitant surveille ses émissions de gaz à effet de serre sur la base d’un plan de surveillance conforme au règlement no 601/2012 du 21 juin 2012 relatif à la surveillance et à la déclaration des émissions de gaz à effet de serre au titre de la directive 2003/87/CE du Parlement européen et du Conseil.
Le Préfet peut demander à l’exploitant de modifier sa méthode de surveillance si les méthodes de surveillance ne sont plus conformes au règlement 601/2012 relatif à la surveillance et à la déclaration des émissions de gaz à effet de serre.
L’exploitant vérifie régulièrement que le plan de surveillance est adapté à la nature et au fonctionnement de l’installation. Il modifie le plan de surveillance dans les cas mentionnés à l’article 14 du règlement 601/2012 relatif à la surveillance et à la déclaration des émissions de gaz à effet de serre, s’il est possible d’améliorer la méthode de surveillance employée.
Les modifications du plan de surveillance subordonnées à l’acceptation par le Préfet sont mentionnées à l’article 15 du règlement 601/2012. L’exploitant notifie ces modifications importantes au préfet pour approbation.
Lorsque le rapport de vérification établi par l’organisme vérificateur de la déclaration d’émissions fait état de remarques, l’exploitant transmet un rapport d’amélioration au Préfet avant le 30 juin. La transmission d’un plan de surveillance modifié prenant en compte les remarques vaut rapport d’amélioration.

TITRE IV

PRÉVENTION DE LA POLLUTION DES EAUX

CHAPITRE Ier


CONDITIONS D’APPLICATION

Art. 42. – I. – Sans préjudice des dispositions de la décision d’exécution 2017/1442 relative aux conclusions sur les meilleures techniques disponibles applicables aux grandes installations de combustion, les dispositions des chapitres I à IV du présent titre ne sont pas applicables aux installations de combustion situées dans un établissement disposant d’au moins une installation soumise à autorisation au titre d’une autre rubrique que la rubrique 3110 et qui est responsable de rejets dans l’eau. Les dispositions alors applicables sont celles prévues aux articles 14 à 17, 30 à 34, 43, 49 à 51, 58, 60 et 64 de l’arrêté du 2 février 1998 susvisé.
II. – Sauf mention particulière, les dispositions du présent titre sont applicables à l’ensemble des effluents liquides liés à l’exploitation de l’installation de combustion, provenant notamment des installations de traitement et de conditionnement de ces eaux, à savoir : Les dispositions du présent titre s’appliquent à ces effluents avant dilution.
III. – Tous les appareils, capacités et circuits utilisés pour un traitement de quelque nature que ce soit, alimentés par un réseau d’eau public ou un forage en nappe, sont dotés d’un dispositif de disconnexion destiné à protéger ce réseau ou la nappe d’une pollution pouvant résulter de l’inversion accidentelle du sens normal d’écoulement de l’eau.
IV. – L’exploitant montre, dans le cadre de l’étude d’impact, le caractère optimum de son installation vis-à-vis du recyclage des eaux usées.
Sauf autorisation explicite, les systèmes de refroidissement en circuit ouvert (retour des eaux de refroidissement dans le milieu naturel après prélèvement) sont interdits.
L’exploitant justifie, s’il y a lieu, dans le cadre de l’étude d’impact, la nécessité d’utiliser des produits de traitements (antitartres organiques, biocides, biodispersants, anticorrosion) pouvant entraîner des rejets de composés halogénés, toxiques ou polluants dans les eaux de refroidissement. Si l’utilisation de ces produits de traitement n’a pas été abordée dans l’étude d’impact initiale de l’installation et qu’elle devient nécessaire, l’exploitant transmettra à l’inspection une étude d’impact des rejets liés à l’utilisation de ces produits.
Les détergents utilisés sont biodégradables au moins à 90 %.

CHAPITRE II

VALEURS LIMITES DE REJETS

Art. 43. – I. – Le rejet respecte les dispositions de l’article 22 de l’arrêté du 2 février 1998 en matière de : II. – L’arrêté d’autorisation fixe le débit maximal journalier du ou des rejet (s), sauf en ce qui concerne les eaux de ruissellement, ainsi que les valeurs limites des flux massiques et des concentrations en polluants dans le ou les rejets.
III. – Dans le cas où le rejet s’effectue dans le même milieu de prélèvement, la conformité du rejet par rapport aux valeurs limites d’émissions pourra être évaluée selon les modalités définies au 2e alinéa de l’article 32 de l’arrêté du 2 février 1998 susvisé.
L’arrêté d’autorisation fixe, s’il y a lieu, des valeurs limites concernant d’autres paramètres.
IV. – Lorsque le débit maximal journalier autorisé dépasse le dixième du débit moyen interannuel du cours d’eau, au sens de l’article L.214-18 du code de l’environnement, ou s’il est supérieur à 100 m³/j, l’arrêté d’autorisation fixe également une limite à la moyenne mensuelle du débit journalier ainsi qu’une valeur limite instantanée, exprimée en mètres cubes par heure.

Art. 44. – I. – La température des effluents rejetés est inférieure à 30° C.
II. – Le préfet peut autoriser une valeur plus élevée en fonction des contraintes locales.
Pour les eaux réceptrices auxquelles s’appliquent les dispositions des articles D.211-10 (tableaux I et II) et D.211-11 du code de l’environnement, les effets du rejet, mesurés à la limite de la zone de mélange, n’entraînent pas une élévation de température supérieure à 1,5° C pour les eaux salmonicoles, à 3° C pour les eaux cyprinicoles et à 2° C pour les eaux conchylicoles et n’induisent pas une température supérieure à 21,5° C pour les eaux salmonicoles, à 28° C pour les eaux cyprinicoles et à 25° C pour les eaux destinées à la production d’eau destinée à la consommation humaine, non mélangées avec d’autres prélèvements.
Le préfet peut autoriser des valeurs limites plus élevées concernant la température du milieu récepteur et l’élévation maximale de température lorsqu’il existe un dispositif prélevant une partie du débit du cours d’eau à l’aval du site et rejetant ce débit à l’amont du site. Dans ce cas la valeur limite concernant la température du milieu récepteur fixée par l’arrêté préfectoral est impérativement inférieure ou égale à 30° C.
Dans le cas d’une surveillance en continu de la température du milieu récepteur ou d’un calcul basé sur la mesure en continu du milieu en amont des points de prélèvement et de rejet, les valeurs limites concernant la température du milieu récepteur sont considérées comme respectées lorsque les résultats des mesures font apparaître que 98 % de toutes les valeurs moyennes horaires relevées sur douze mois, durant les périodes de rejet de l’installation, ne dépassent pas la valeur limite.
Dans les autres cas, les valeurs limites ci-dessus sont considérées comme respectées si 98 % des résultats des mesures, obtenus conformément aux dispositions de l’arrêté d’autorisation sur une période de douze mois, durant les périodes de fonctionnement, ne dépassent pas les valeurs limites.
Les dispositions du présent paragraphe concernant les températures des effluents rejetés ne s’appliquent pas dans les départements d’outre-mer. Toutefois, la température des rejets aqueux ne peut en aucun cas dépasser 40° C.
III. – Pour les installations de production d’électricité, une dérogation aux valeurs limites en température fixées ci-dessus peut être accordée par le ministre chargé de l’environnement, à la demande de l’exploitant et sur proposition du préfet, en cas de difficultés imprévisibles ou conditions climatiques exceptionnelles et lorsque le fonctionnement de l’installation est nécessaire, en particulier pour assurer l’équilibre du réseau national d’électricité. La dérogation peut être assortie, notamment sur proposition du préfet, de prescriptions particulières, concernant notamment les températures du rejet et du milieu dans lequel il s’effectue (température après mélange), ainsi que les conditions de surveillance du milieu.

Art. 45. – I. – La modification de couleur du milieu récepteur, mesurée en un point représentatif de la zone de mélange, ne dépasse pas 100 mgPt/l. Après établissement d’une corrélation avec la méthode utilisant des solutions témoins de platine-cobalt, la modification de couleur peut, en tant que de besoin, être également déterminée à partir des densités optiques mesurées à trois longueurs d’ondes au moins, réparties sur l’ensemble du spectre visible et correspondant à des zones d’absorption maximale. Le respect de la NF EN ISO 7887 est présumé répondre aux exigences réglementaires définies au présent article.
II. – Le pH des effluents rejetés est compris entre 5,5 et 8,5. Cette limite est de 9,5 s’il y a neutralisation alcaline. Dans le cas d’un refroidissement en circuit ouvert ou semi-ouvert, le préfet peut autoriser, pour le rejet de ces eaux, une limite supérieure de pH plus élevée, en fonction de la conception des circuits et des conditions locales, notamment du pH du milieu naturel.
Pour les eaux réceptrices auxquelles s’appliquent les dispositions des articles D.211-10 et D.211-11 du code de l’environnement, les effets du rejet, mesurés en un point représentatif de la zone de mélange, respectent également les dispositions suivantes : Art. 46. – Sans préjudice des dispositions de l’article 43-I, lorsque la production d’effluents ne peut être évitée, les valeurs limites de concentration en polluants dans les effluents liquides indiquées dans le tableau ci-dessous sont respectées, en moyenne journalière : 


(*) Cette valeur ne s’applique pas si pour au moins 80 % du flux d’AOX, les substances organochlorées composant le mélange sont clairement identifiées et que leurs niveaux d’émissions sont déjà réglementés de manière individuelle.

Pour les chaudières autorisées avant le 31 juillet 2002 ou qui ont fait l’objet d’une demande d’autorisation avant cette date pour autant qu’elles aient été mises en service au plus tard le 27 novembre 2003, et pour les turbines et moteurs autorisés avant le 1er janvier 2014, les valeurs limites de concentration mentionnées dans le tableau ci-dessous remplacent les valeurs limites du tableau précédent pour les polluants visés. En tout état de cause, les valeurs limites du tableau précédent pour les autres polluants restent applicables. 



Les substances dangereuses marquées d’un * dans le tableau ci-dessus sont visées par des objectifs de suppression des émissions et doivent en conséquence satisfaire en plus aux dispositions de l’article 22-2-III de l’arrêté du 2 février 1998.
Le traitement externe des effluents aqueux issus des installations de combustion dans une station d’épuration collective, urbaine ou industrielle, ou le raccordement à une telle station, n’est envisageable que dans le cas où celle-ci est apte à les traiter dans de bonnes conditions. Les modalités de raccordement définies aux articles 34 et 35 de l’arrêté du 2 février 1998 s’appliquent.
En particulier, pour les paramètres MES et DCO, des valeurs limites différentes peuvent être fixées par l’arrêté préfectoral en cas de raccordement à une station d’épuration collective. Dans ce cas, une autorisation de déversement ainsi que, le cas échéant, une convention de déversement, sont établies avec la ou les autorités compétentes en charge du réseau d’assainissement et du réseau de collecte et précisent les valeurs limites à respecter. Ces documents sont tenus à la disposition de l’inspection des installations classées.
Lorsqu’une installation est raccordée à une station d’épuration urbaine, les valeurs limites d’émissions en sortie d’installation des polluants autres que les macropolluants mentionnés ci-dessus sont les mêmes que celles pour un rejet dans le milieu naturel.
Pour les substances dangereuses et dans le cas d’un raccordement à une station d’épuration industrielle ou mixte, l’arrêté d’autorisation peut prescrire des valeurs limites en concentration supérieures si l’étude d’impact ou l’étude d’incidence démontre, à partir d’une argumentation de nature technique et, le cas échéant, économique, que de telles dispositions peuvent être retenues sans qu’il en résulte pour autant des garanties moindres vis-à-vis des impératifs de bon fonctionnement de la station d’épuration et de protection de l’environnement.

CHAPITRE III

CONDITIONS DE REJET


Art. 47. – I. – Les points de rejet sont en nombre aussi réduit que possible. Les ouvrages de rejet permettent une bonne diffusion des effluents dans le milieu récepteur.
II. – Les dispositifs de rejet des eaux résiduaires sont aménagés de manière à réduire autant que possible la perturbation apportée au milieu naturel récepteur, aux abords du point de rejet, en fonction de l’utilisation de l’eau à proximité immédiate et à l’aval de celui-ci, et à ne pas gêner la navigation.
III. – Sur chaque canalisation de rejet d’effluents aqueux sont prévus un point de prélèvement d’échantillons et des points de mesure (débit, température, concentration en polluant, etc.). Ces points sont implantés dans une section dont les caractéristiques (rectitude de la conduite à l’amont, qualité des parois, régime d’écoulement, etc.) permettent de réaliser des mesures représentatives de manière que la vitesse n’y soit pas sensiblement ralentie par des seuils ou obstacles situés à l’aval et que l’effluent soit suffisamment homogène.
Ces points sont aménagés de manière à être aisément accessibles et permettre des interventions en toute sécurité. Toutes dispositions sont également prises pour faciliter l’intervention d’organismes extérieurs à la demande de l’inspection des installations classées.
IV. – Les points de mesure et les points de prélèvement d’échantillon sont équipés des appareils nécessaires pour effectuer les mesures prévues à l’article 48 du présent arrêté dans ses conditions représentatives.

CHAPITRE IV

SURVEILLANCE DES REJETS AQUEUX ET DE L’IMPACT SUR LE MILIEU

Art. 48. – I. – Les installations de prélèvement d’eau sont munies d’un dispositif de mesure totalisateur. Ce dispositif est relevé journellement si le débit prélevé est susceptible de dépasser 100 m³/j, hebdomadairement si ce débit est inférieur. Ces résultats sont portés sur un registre éventuellement informatisé.
II. – Lorsque les flux autorisés dépassent les seuils définis ci-dessous en contributions nettes, l’exploitant réalise les mesures suivantes sur ses effluents aqueux, que les effluents soient rejetés dans le milieu naturel ou dans un réseau de raccordement à une station d’épuration collective.
a) La détermination du débit rejeté se fait par mesures en continu ou par estimation ou surveillance de paramètres représentatifs dans les conditions définies par l’arrêté préfectoral.
Dans le cas des eaux de refroidissement dont le débit journalier dépasse 100 m³, la mesure en continu du débit rejeté peut être remplacée, après accord du préfet, par une surveillance permanente d’un ou plusieurs paramètres représentatifs du fonctionnement du circuit de refroidissement et directement corrélés au débit rejeté.
b) Une mesure journalière est réalisée pour les polluants énumérés ci-après et selon la fréquence définie, à partir d’un échantillon prélevé sur une durée de vingt-quatre heures proportionnellement au débit. Lorsque les flux rejetés se situent au-dessous des seuils, l’arrêté d’autorisation peut fixer une fréquence moindre. L’arrêté préfectoral peut également fixer une fréquence moindre pour les effluents des circuits de refroidissement lorsqu’une méthode alternative de surveillance est proposée par l’exploitant. 


(1) La mesure journalière du paramètre AOX n’est pas nécessaire lorsque plus de 80 % des composés organiques halogénés sont clairement identifiés et analysés individuellement et que la fraction des organohalogénés non identifiée ne représente pas plus de 0,2 mg/l.
III. – Dans le cas d’effluents raccordés à une station d’épuration collective, l’arrêté préfectoral peut fixer des fréquences différentes pour les paramètres DCO, MES, azote total et phosphore total. Ces fréquences sont au minimum hebdomadaires.
Dans le cas des rejets de bassins de lagunage, l’arrêté préfectoral peut fixer des seuils ou des fréquences différents pour le paramètre MES.
(2) Dans le cas d’effluents raccordés, l’arrêté d’autorisation peut se référer à des fréquences différentes pour la surveillance des rejets de micropolluants si celles-ci sont déjà définies par un document contractuel entre l’exploitant et le gestionnaire de station.
IV. – L’arrêté préfectoral peut adapter les modalités de la surveillance lorsque les concentrations mesurées se situent au-dessous des seuils de détection des méthodes normalisées.
V. – L’exploitant fait effectuer, au moins une fois par an, les mesures concernant les polluants visés par l’arrêté préfectoral par un laboratoire d’analyse agréé. S’il n’existe pas d’agrément pour le paramètre analysé, le laboratoire d’analyse devra être accrédité par le Comité français d’accréditation (COFRAC) ou par un organisme signataire de l’accord multilatéral pris dans le cadre de la Coordination européenne des organismes d’accréditation (European Cooperation for Accreditation ou EA). Pour les analyses de substances dans l’eau, l’agrément d’un laboratoire pour un paramètre sur une matrice donnée implique que l’échantillon analysé ait été prélevé sous accréditation.
VI. – Les résultats des mesures sont transmis à l’inspection des installations classées et sont accompagnés de commentaires sur les causes des dépassements constatés ainsi que les actions correctives mises en œuvre ou envisagées. La périodicité de la transmission est fixée par arrêté préfectoral.

Art. 49. – I. – Lorsque le rejet s’effectue dans un cours d’eau et que le flux moyen journalier de polluant dépasse en valeur ajoutée l’une des valeurs suivantes : Lorsque le dépassement des seuils ci-dessus résulte majoritairement du flux prélevé dans le milieu naturel, l’arrêté d’autorisation ou l’arrêté complémentaire peut fixer une fréquence moindre.
Lorsque le milieu le justifie, le préfet peut demander la réalisation des prélèvements et analyses susmentionnés pour des flux inférieurs.
II. – Lorsque le rejet s’effectue en mer ou dans un lac et qu’il dépasse l’un des flux mentionnés ci-dessus, l’arrêté préfectoral fixe un plan de surveillance de l’environnement adapté aux conditions locales.
III. – Lorsque le rejet s’effectue dans un cours d’eau et que la moyenne mensuelle du débit rejeté est supérieure à 1 000 m³/h, l’exploitant réalise, pendant les périodes de rejet de l’installation, une mesure hebdomadaire de la température et une mesure mensuelle de l’oxygène dissous : L’emplacement des points de mesure n’est pas influencé par une éventuelle recirculation de tout ou partie des eaux rejetées.
L’obligation de mesure de l’oxygène dissous n’est pas applicable lorsque l’exploitant dispose par ailleurs, selon la même fréquence, de résultats de mesures d’oxygène dissous permettant de surveiller correctement les effets du rejet.
En fonctionnement normal, la mesure amont de température peut être remplacée par une mesure en continu à l’entrée du condenseur. La mesure aval de température peut être remplacée par une estimation par calcul.
Les mesures de température et d’oxygène dissous deviennent quotidiennes (phase de vigilance) dès que la température aval atteint 20 °C pour les eaux salmonicoles, 27 °C pour les eaux cyprinicoles et 24 °C pour les eaux destinées à la production d’eau destinée à la consommation humaine. Les mesures sont réalisées pendant les heures les plus chaudes de la journée. Le préfet est informé par l’exploitant du déclenchement de la phase vigilance et le résultat des mesures est transmis à l’inspection des installations classées chaque fin de semaine.
Les mesures de température et d’oxygène dissous deviennent biquotidiennes (phase d’alerte) dès que la température aval atteint 21 °C pour les eaux salmonicoles, 28 °C pour les eaux cyprinicoles et 25 °C pour les eaux destinées à la production d’eau destinée à la consommation humaine. L’exploitant met en place, en plus des dispositions précédentes, une surveillance, définie en accord avec l’inspection des installations classées, incluant au minimum : Le préfet est informé par l’exploitant du déclenchement de la phase d’alerte et le résultat des mesures est transmis quotidiennement à l’inspection des installations classées.
La mise en œuvre de la surveillance prévue en phase alerte et phase vigilance peut être également déclenchée en d’autres circonstances, à la demande de l’inspection des installations classées. Elle peut être également renforcée ou poursuivie sur une plus longue période, à la demande de l’inspection des installations classées.
Les installations dont l’exploitant a déclaré qu’il pourrait être concerné par la dérogation ministérielle prévue au III de l’article 44 du présent arrêté, sans préjudice des dispositions du IV du présent article, réalisent une mesure en continu du pH, de la température et de l’oxygène dissous à l’amont et à l’aval des points de prélèvement et de rejet. Toutefois, le contrôle du respect des valeurs limites concernant la température du milieu récepteur peut s’effectuer sur la base du calcul prévu au cinquième alinéa du présent paragraphe.
IV. – Pour les rejets de substances susceptibles de s’accumuler dans l’environnement, l’exploitant réalise ou fait réaliser au moins une fois par an des prélèvements et des mesures dans les sédiments, la flore et la faune aquatique. V. – Les dispositions prévues aux I, II et IV peuvent être étendues par l’arrêté préfectoral aux rejets d’autres substances ou à des rejets inférieurs à ces seuils lorsque la nature de l’activité ou les conditions locales le rendent nécessaire.
VI. – Lorsque plusieurs installations importantes rejettent leurs effluents dans une même zone, les seuils à prendre en compte tiennent compte de l’ensemble des rejets, le point de mesure pouvant alors être commun et les mesures réalisées pour l’ensemble des installations concernées.

CHAPITRE V

REJETS ACCIDENTELS

Art. 50. – I. – Les dispositions sont prises pour qu’il ne puisse pas y avoir, en cas d’accident de fonctionnement se produisant dans l’enceinte de l’établissement, de déversement de matières qui, par leurs caractéristiques et leurs quantités, seraient susceptibles d’entraîner des conséquences notables sur le milieu naturel récepteur ou les réseaux publics d’assainissement.
II. – Le sol de la chaufferie et de tout atelier employant ou stockant des liquides inflammables ou susceptibles de polluer le réseau d’assainissement ou l’environnement sont imperméables, incombustibles et disposés de façon que les égouttures ou, en cas d’accident, les liquides contenus dans les récipients ou les appareils ne puissent s’écouler au-dehors ou dans le réseau d’assainissement.
III. – Tout récipient susceptible de contenir des liquides dangereux ou d’entraîner une pollution du réseau d’assainissement ou du milieu naturel est associé à une capacité de rétention étanche dont le volume est au moins égal à la plus grande des deux valeurs suivantes :
100 % de la capacité du plus grand réservoir ;
50 % de la capacité globale des récipients associés.
Cette disposition n’est pas applicable aux stockages de fioul lourd autorisés avant le 31 juillet 2002. Ces installations sont associées à une capacité de rétention étanche dont le volume est au moins égal à la plus grande des deux valeurs suivantes :
50 % de la capacité du plus grand réservoir ;
20 % de la capacité globale des récipients associés.
IV. – Lorsque le stockage est constitué exclusivement de récipients de capacité unitaire inférieure ou égale à 250 litres, le volume minimal de la rétention est égal : V. – La capacité de rétention est étanche aux produits qu’elle pourrait contenir, résiste à l’action physique et chimique des fluides et ne comporte pas de dispositifs d’évacuation par gravité. Des réservoirs ou récipients contenant des produits susceptibles de réagir dangereusement ensemble ne sont pas associés à la même cuvette de rétention.

TITRE V

SOUS-PRODUITS ET DÉCHETS

Art. 51. – L’exploitant prend toutes les dispositions nécessaires dans la conception et l’exploitation de ses installations pour assurer une bonne gestion des sous-produits et déchets issus de ses activités selon les meilleures techniques disponibles en s’appuyant sur le document de référence, et le respect de la hiérarchie des modes de gestion des déchets de l’article L541-1 du Code de l’environnement, notamment : Art. 52. – Les sous-produits et déchets issus de la combustion (cendres volantes, cendres de foyer, gypses de désulfuration, mâchefers, résidus d’épuration des fumées, etc.) sont comptabilisés et stockés séparément. Le stockage et le transport de ces sous-produits et déchets se font dans des conditions évitant tout risque de pollution et de nuisances (prévention des envols, des odeurs, des lessivages par les eaux de pluie, d’une pollution des eaux superficielles et souterraines ou d’une infiltration dans le sol, etc.) pour les populations et l’environnement.

Art. 53. – Les sous-produits et déchets issus de la combustion (cendres, mâchefers, résidus d’épuration des fumées…) sont, lorsque la possibilité technique existe, valorisés, en tenant compte de leurs caractéristiques et des possibilités du marché (ciment, béton, travaux routiers, comblement, remblai…).
L’arrêté préfectoral peut autoriser la valorisation des cendres par retour au sol dans le cadre d’un plan d’épandage, qui respecte l’ensemble des dispositions de la section IV du chapitre V et des annexes associées de l’arrêté du 2 février 1998 susvisé.
Les cendres peuvent être mises sur le marché en application des dispositions des articles L. 255-1 à L. 255-11 du code rural applicables aux matières fertilisantes ; elles disposent alors d’une homologation, d’une autorisation provisoire de vente ou d’une autorisation de distribution pour expérimentation, ou sont conformes à une norme d’application obligatoire.
L’exploitant est en mesure de justifier l’élimination ou la valorisation de tous les sous-produits et déchets qu’il produit à l’inspection des installations classées. Il fournit annuellement à l’inspection des installations classées un bilan des opérations de valorisation et d’élimination.
L’arrêté d’autorisation fixe les conditions d’élimination des différents déchets.

TITRE VI

BRUIT

Art. 54. – Les installations autorisées avant le 1er juillet 1997 sont soumises aux dispositions de l’arrêté du 20 août 1985 susvisé. La méthode de mesure définie en annexe de l’arrêté du 23 janvier 1997 susvisé s’applique en remplacement des dispositions des paragraphes 2.1, 2.2 et 2.3 de l’arrêté du 20 août 1985.
Les installations autorisées à compter du 1er juillet 1997 sont soumises aux dispositions de l’arrêté du 23 janvier 1997.

TITRE VII

PRÉVENTION DES RISQUES D’INCENDIE ET D’EXPLOSION

Art. 55. – I. – Les personnes étrangères à l’établissement, à l’exception de celles désignées par l’exploitant, n’ont pas un accès libre aux installations. Une clôture ou un mur d’une hauteur minimale de 2 mètres entoure l’installation ou l’établissement.
II. – L’installation est accessible pour permettre l’intervention des services d’incendie et de secours. Elle est desservie, sur au moins une face, par une voie-engin ou par une voie-échelle si le plancher haut du bâtiment est à une hauteur supérieure à 8 mètres par rapport à cette voie.
Les installations sont aménagées pour permettre une évacuation rapide du personnel.
Les portes s’ouvrent vers l’extérieur et sont manœuvrées de l’intérieur en toutes circonstances. L’accès aux issues est balisé.
Les chaudières produisant de la vapeur sous une pression supérieure à 0,5 bar ou de l’eau surchauffée à une température de plus de 110 °C sont situées à plus de dix mètres de tout local habité ou occupé par des tiers et des bâtiments fréquentés par le public. Les locaux abritant ces chaudières ne sont pas surmontés d’étages et sont séparés par un mur de tout local voisin occupant du personnel à poste fixe.

Art. 56. – I. – Les locaux sont maintenus propres et régulièrement nettoyés, notamment de manière à éviter les amas de matières dangereuses ou polluantes et de poussières susceptibles de s’enflammer ou de propager une explosion. Le matériel de nettoyage est adapté aux risques présentés par les produits et poussières.
II. –Sans préjudice des dispositions du code du travail, les locaux sont convenablement ventilés pour notamment éviter la formation d’une atmosphère explosible ou nocive.
La ventilation assure en permanence, y compris en cas d’arrêt de l’équipement, notamment en cas de mise en sécurité de l’installation, un balayage de l’atmosphère du local, compatible avec le bon fonctionnement des appareils de combustion, au moyen d’ouvertures en parties haute et basse permettant une circulation efficace de l’air ou par tout autre moyen équivalent.
Les locaux sont équipés en partie haute de dispositifs permettant l’évacuation des fumées et gaz de combustion dégagés en cas d’incendie (par exemple lanterneaux en toiture, ouvrants en façade ou tout autre moyen équivalent). Les commandes d’ouverture manuelle sont placées à proximité des accès.
Le système de désenfumage est adapté aux risques particuliers de l’installation. Ces matériels sont maintenus en bon état et vérifiés au moins une fois par an.

Art. 57. – I. –Les équipements métalliques (réservoirs, cuves, canalisations) sont mis à la terre, compte tenu notamment de la nature explosive ou inflammable des produits.
II. –Les stockages de combustibles sont isolés par rapport aux installations de combustion, au minimum par un mur REI 120 ou par une distance d’isolement qui ne peut être inférieure à 10 mètres. L’arrêté préfectoral peut définir des alternatives d’efficacité équivalente. La présence de matières dangereuses ou inflammables dans l’installation est limitée aux nécessités de l’exploitation.
Les stockages présentant des risques d’échauffement spontané sont pourvus de sondes de température. Une alarme alerte les opérateurs en cas de dérive.
III.–L’exploitant tient à jour un état indiquant la nature et la quantité des combustibles et produits stockés auquel est annexé un plan général des stockages. Ces informations sont tenues à la disposition des services d’incendie et de secours ainsi que de l’inspection des installations classées et sont accessibles en toute circonstance.

Art. 58. – I. – Les installations sont exploitées sous la surveillance permanente d’un personnel qualifié. Il vérifie périodiquement le bon fonctionnement des dispositifs de sécurité et s’assure de la bonne alimentation en combustible des appareils de combustion.
Par dérogation aux dispositions ci-dessus, l’exploitation sans surveillance humaine permanente est admise lorsque l’installation répond aux dispositions réglementaires applicables, notamment celles relatives aux équipements sous pression.
II. – L’ensemble des opérateurs reçoit une formation initiale adaptée. Une formation complémentaire annuelle à la sécurité d’une durée minimale d’une journée leur est dispensée par un organisme ou un service compétent. Cette formation portera en particulier sur la conduite des installations, les opérations de maintenance, les moyens d’alerte et de secours, la lecture et la mise à jour des consignes d’exploitation. L’exploitant tient à la disposition de l’inspection des installations classées un document attestant de cette formation : contenu, date et durée de la formation, liste d’émargement.
III. – L’exploitant consigne par écrit les procédures de reconnaissance et de gestion des anomalies de fonctionnement ainsi que celles relatives aux interventions du personnel et aux vérifications périodiques du bon fonctionnement de l’installation et des dispositifs assurant sa mise en sécurité. Ces procédures précisent la fréquence et la nature des vérifications à effectuer pendant et en dehors de la période de fonctionnement de l’installation. En cas d’anomalies provoquant l’arrêt de l’installation, celle-ci est protégée contre tout déverrouillage intempestif. Toute remise en route automatique est alors interdite. Le réarmement ne peut se faire qu’après élimination des défauts par du personnel d’exploitation, au besoin après intervention sur le site.

Art. 59. – I. – L’exploitant recense, sous sa responsabilité, les parties de l’installation qui, en raison des caractéristiques qualitatives et quantitatives des matières mises en œuvre, stockées, utilisées ou produites sont susceptibles d’être à l’origine d’un sinistre pouvant avoir des conséquences directes ou indirectes sur l’environnement, la sécurité publique ou le maintien en sécurité de l’installation.
II. – L’exploitant détermine pour chacune de ces parties de l’installation la nature du risque (incendie, atmosphères explosives ou émanations toxiques) qui la concerne. La présence de ce risque est matérialisée par des marques au sol ou des panneaux et sur un plan de l’installation. Ce plan est tenu à la disposition de l’inspection des installations classées et des services de secours.
III. – L’installation est dotée de moyens de lutte contre l’incendie appropriés aux risques. Ces matériels sont maintenus en bon état et vérifiés au moins une fois par an.

Art. 60. – I. – Dans les parties de l’installation visées à l’article 59 du présent arrêté et présentant un risque « atmosphères explosives », les installations électriques sont conformes aux dispositions du décret n°96-1010 du 19 novembre 1996 relatif aux appareils et aux systèmes de protection destinés à être utilisés en atmosphère explosible.
Elles sont réduites à ce qui est strictement nécessaire aux besoins de l’exploitation et sont entièrement constituées de matériels utilisables dans les atmosphères explosives. Cependant, dans les parties de l’installation où les atmosphères explosives peuvent apparaître de manière épisodique avec une faible fréquence et une courte durée, les installations électriques peuvent être constituées de matériel électrique de bonne qualité industrielle qui, en service normal, n’engendre ni arc, ni étincelle, ni surface chaude susceptible de provoquer une explosion.
II. – Les dispositions de l’arrêté du 31 mars 1980 modifié portant réglementation des installations électriques des établissements réglementés au titre de la législation des installations classées et susceptibles de présenter des risques d’explosion s’appliquent. En particulier, les canalisations électriques ne sont pas une cause possible d’inflammation et sont convenablement protégées contre les chocs, contre la propagation des flammes et contre l’action des produits présents dans la partie de l’installation en cause.

Art. 61. – I. – La conduite des installations (démarrage et arrêt, fonctionnement normal, entretien…) fait l’objet de consignes d’exploitation et de sécurité écrites qui sont rendues disponibles pour le personnel. Ces consignes prévoient notamment : Ces consignes sont régulièrement mises à jour.
II. – Sans préjudice des dispositions du code du travail, des procédures d’urgence sont établies et rendues disponibles dans les lieux de travail. Ces procédures indiquent notamment : Ces procédures sont régulièrement mises à jour.

Art. 62. – I. – L’exploitant veille au bon entretien des dispositifs de réglage, de contrôle, de signalisation et de sécurité. Ces vérifications et leurs résultats sont consignés par écrit.
II. – Toute tuyauterie susceptible de contenir du gaz combustible fait l’objet d’une vérification annuelle d’étanchéité qui est réalisée sous la pression normale de service.
III. – Tous les travaux de réparation ou d’aménagement conduisant à une augmentation des risques (emploi d’une flamme ou d’une source chaude, purge des circuits…) ne peuvent être réalisés qu’après la délivrance d’un « permis d’intervention », faisant suite à une analyse des risques correspondants et l’établissement des mesures de préventions appropriées, et en respectant les règles de consignes particulières
IV. – Toute intervention par point chaud sur une tuyauterie contenant du combustible ne peut être engagée qu’après une purge complète de la tuyauterie concernée. La consignation d’un tronçon de canalisation s’effectue selon un cahier des charges précis défini par l’exploitant. Les obturateurs à opercule, non manœuvrables sans fuite possible vers l’atmosphère, sont interdits à l’intérieur des bâtiments.
V. – A l’issue de tels travaux, une vérification de l’étanchéité de la tuyauterie garantit une parfaite intégrité de celle-ci. Cette vérification se fera sur la base de documents prédéfinis et de procédures écrites. Ces vérifications et leurs résultats sont consignés par écrit. Pour des raisons liées à la nécessité d’exploitation, ce type d’intervention peut être effectué en dérogation au présent alinéa, sous réserve de la rédaction et de l’observation d’une consigne spécifique.
VI. – Les soudeurs ont une attestation d’aptitude professionnelle spécifique au mode d’assemblage à réaliser.

Art. 63. – I. – Les réseaux d’alimentation en combustible sont conçus et réalisés de manière à réduire les risques en cas de fuite, notamment dans des espaces confinés. Les canalisations sont en tant que de besoin protégées contre les agressions extérieures (corrosion, choc, température excessive…) et repérées par les couleurs normalisées ou par étiquetage.
II. – Un dispositif de coupure manuelle, indépendant de tout équipement de régulation de débit, placé à l’extérieur des bâtiments s’il y en a, permet d’interrompre l’alimentation en combustible liquide ou gazeux des appareils de combustion. Ce dispositif, clairement repéré et indiqué dans des consignes d’exploitation, est placé : Il est parfaitement signalé et maintenu en bon état de fonctionnement et comporte une indication du sens de la manœuvre ainsi que le repérage des positions ouverte et fermée.
Dans les installations alimentées en combustible gazeux, la coupure de l’alimentation en gaz est assurée par deux vannes automatiques (1) redondantes, placées en série sur la conduite d’alimentation en gaz à l’extérieur des bâtiments, s’il y en a.
Ces vannes sont asservies chacune à des capteurs de détection de gaz (2) et un dispositif de baisse de pression (3). Ces vannes assurent la fermeture de l’alimentation en combustible gazeux lorsqu’une fuite de gaz est détectée.
Toute la chaîne de coupure automatique (détection, transmission du signal, fermeture de l’alimentation de gaz) est testée périodiquement.
La position ouverte ou fermée de ces organes est clairement identifiable par le personnel d’exploitation.
Un dispositif de détection de gaz, déclenchant, selon une procédure préétablie, une alarme en cas de dépassement des seuils de danger, est mis en place dans les installations utilisant un combustible gazeux afin de prévenir l’apparition d’une atmosphère explosive.
Ce dispositif coupe l’arrivée du combustible et interrompt l’alimentation électrique, à l’exception de l’alimentation des matériels et des équipements destinés à fonctionner en atmosphère explosive, de l’alimentation en très basse tension et de l’éclairage de secours, sans que cette manœuvre puisse provoquer d’arc ou d’étincelle pouvant déclencher une explosion. Un dispositif de détection d’incendie équipe les installations implantées en sous-sol.
Lorsqu’il apparaît une impossibilité de mettre en place un tel dispositif de coupure ou que ce dispositif apparaît inadapté, une dérogation peut être accordée, après avis du CODERST par le préfet sur la base d’un dossier argumenté de l’exploitant. Ce dossier comporte au minimum une analyse de risques, une justification de l’impossibilité de mise en place de l’asservissement ou de la coupure manuelle, ainsi que les mesures compensatoires que l’exploitant se propose de mettre en place. Une analyse des éléments de ce dossier, effectuée par un organisme extérieur expert choisi en accord avec l’administration, peut être demandée, aux frais de l’exploitant.
III. – L’emplacement des détecteurs de gaz est déterminé par l’exploitant en fonction des risques de fuite et d’incendie. Leur situation est repérée sur un plan. Ils sont contrôlés régulièrement et les résultats de ces contrôles sont consignés par écrit. La fiabilité des détecteurs est adaptée aux exigences de l’article 60 du présent arrêté. Des étalonnages sont régulièrement effectués. Toute détection de gaz dans l’atmosphère du local, au-delà de 30 % de la limite inférieure d’explosivité (LIE), conduit à la mise en sécurité de tout ou partie de l’installation susceptible d’être en contact avec l’atmosphère explosive ou de conduire à une explosion, sauf les matériels et équipements dont le fonctionnement pourrait être maintenu conformément aux dispositions prévues à l’article 60 du présent arrêté. Cette mise en sécurité est prévue dans les consignes d’exploitation.
IV. – Tout appareil de réchauffage d’un combustible liquide comporte un dispositif limiteur de la température, indépendant de sa régulation, protégeant contre toute surchauffe anormale du combustible. Une alarme alerte les opérateurs en cas de dérive.
V. – Le parcours des canalisations à l’intérieur des locaux où se trouvent les appareils de combustion est aussi réduit que possible. Par ailleurs, un organe de coupure rapide équipe chaque appareil de combustion au plus près de celui-ci. La consignation d’un tronçon de canalisation, notamment en cas de travaux, s’effectuera selon un cahier des charges précis défini par l’exploitant. Les obturateurs à opercule, non manœuvrables sans fuite possible dans l’atmosphère, sont interdits à l’intérieur des bâtiments.
(1) Vanne automatique : son niveau de fiabilité est maximum.
(2) Capteur de détection de gaz : une redondance est assurée par la présence d’au moins deux capteurs.
(3) Dispositif de baisse de pression : ce dispositif permet de détecter une chute de pression dans la tuyauterie. Son seuil est aussi élevé que possible, compte tenu des contraintes d’exploitation.

Art. 64. – I. – Les appareils de combustion sont équipés de dispositifs permettant, d’une part, de maîtriser leur bon fonctionnement et, d’autre part, en cas de défaut, de mettre en sécurité l’appareil concerné et au besoin l’installation.
II. – Les appareils de combustion comportent un dispositif de contrôle de la flamme ou un contrôle de température.
Le défaut de son fonctionnement entraîne la mise en sécurité des appareils et l’arrêt de l’alimentation en combustible. Lorsqu’il apparaît une impossibilité de mettre en place un tel asservissement, une dérogation peut être accordée, après avis du CODERST, par le préfet sur la base d’un dossier argumenté de l’exploitant. Ce dossier comporte au minimum une analyse de risques, une justification de l’impossibilité de mise en place de l’asservissement ainsi que les mesures compensatoires que l’exploitant se propose de mettre en place. Une analyse des éléments de ce dossier, effectuée par un organisme extérieur expert choisi en accord avec l’administration, peut être demandée, aux frais de l’exploitant.

TITRE VIII

DÉPÔTS, ENTRETIEN ET MAINTENANCE

Art. 65. – I. – Les installations d’entreposage, manipulation, transvasement, transport de produits pulvérulents sont munis de dispositifs (arrosage, capotage, aspiration) permettant de prévenir les envols de poussières. Si nécessaire, les dispositifs d’aspiration sont raccordés à une installation de dépoussiérage.
II. – Les pistes périphériques au stockage et susceptibles d’être utilisées par des véhicules sont convenablement traitées afin de prévenir les envols de poussières.
III. – Les stockages de tous les produits ou déchets solides ont lieu sur des sols étanches (béton, revêtements bitumineux), maintenus en bon état et garantissant l’absence d’infiltration de polluants dans le sol. Les eaux de ruissellement ou de lavage issues de ces zones de stockages sont rejetées dans les conditions prévues au titre IV du présent arrêté.
IV. – L’arrêté préfectoral peut prévoir une dérogation à l’alinéa ci-dessus. Dans ce cas l’installation respecte les dispositions suivantes : L’eau prélevée fait l’objet de mesures des substances pertinentes susceptibles de caractériser une éventuelle pollution de la nappe compte tenu de l’activité, actuelle ou passée, de l’installation. Les résultats de mesures sont transmis à l’inspection des installations classées dans les conditions prévues à l’article 6 du présent arrêté. Toute variation anormale lui est signalée dans les meilleurs délais.
Si ces résultats mettent en évidence une pollution des eaux souterraines, l’exploitant détermine par tous les moyens utiles si ses activités sont à l’origine ou non de la variation constatée. Il informe le préfet du résultat de ses investigations et, le cas échéant, des mesures prises ou envisagées.

Art. 66. – L’exploitant tient à jour un livret ou des documents de maintenance qui comprend notamment les renseignements suivants : l’évacuation des gaz de combustion et leur température à leur débouché, le traitement des eaux ; Une consigne précise la nature des opérations d’entretien ainsi que les conditions de mise à disposition des consommables et équipements d’usure propres à limiter les anomalies et le cas échéant leur durée.

TITRE IX

EXÉCUTION
Le directeur général de l’énergie et du climat et le directeur général de la prévention des risques sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République
française.



Fait le 3 août 2018.

Pour le ministre d’Etat et par délégation :


Le directeur général de l’énergie et du climat,
L. MICHEL

Le directeur général de la prévention des risques,
C. BOURILLET  

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